Animaux sauvages : Unique en son genre, notre pays détruit systématiquement une espèce par mesure préventive

Animaux sauvages : Unique en son genre, notre pays détruit systématiquement une espèce par mesure préventive

Le 21 août 2026, le gouvernement a publié le nouvel arrêté fixant la liste des espèces classées « susceptibles d’occasionner des dégâts ». Le renard roux y figure, comme la fouine, le putois, la corneille noire ou encore le pigeon ramier. Rien de très nouveau à première vue, sauf un point singulier : la France est le seul pays à procéder ainsi par mesure préventive. On tue des animaux parce qu’ils pourraient causer des problèmes, pas parce qu’ils en causent réellement.

Cette pratique interroge les éthologues, les vétérinaires et de nombreux propriétaires de chiens. Car si nous aimons nos canidés domestiques, que savons-nous vraiment de leurs cousins sauvages ? La question mérite qu’on s’y attarde.

Renard et biodiversité : détruire pour protéger ?

Le renard rend pourtant bien des services. Un couple adulte consomme chaque année des milliers de campagnols et d’autres rongeurs. Ces dégâts évités dans les prairies sont loin d’être négligeables. En l’éliminant, on déséquilibre l’écosystème, on favorise la prolifération des souris, et on oblige les paysans à utiliser davantage de produits toxiques.

Le Fonds mondial pour la nature rappelait dans son dernier rapport « Planète vivante » une tendance lourde : les populations d’animaux sauvages ont chuté de 73 % en cinquante ans. Chaque année perdue compte. Alors, faut-il vraiment continuer à abattre des espèces utiles au nom d’une peur hypothétique ?

La menace de la rage, autrefois invoquée pour justifier les piégeages, a disparu de France depuis des décennies. Les campagnes de vaccination orale ont rendu le territoire indemne. Pourtant, le renard reste classe nuisible. On ne détruit plus un virus, on détruit un animal.

Chien et renard : une même famille, un même regard ?

Cinq actions pour laisser les renards tranquilles
  • Protéger les poules

    Installer un enclos solide, grillagé et enterré sur au moins 30 centimètres.

  • Éviter les restes de nourriture

    Ne pas laisser d'épluchures ou de gamelles dans le jardin la nuit.

  • Tenir son chien en laisse

    Dans les zones naturelles, pour éviter les rencontres tendues avec un renard.

  • En parler à son vétérinaire

    Il peut fournir des arguments scientifiques pour défendre le renard.

  • Soutenir les associations

    Elles œuvrent pour la préservation des animaux sauvages.

Le renard appartient à la même famille que le chien. Son cerveau, ses expressions, sa vie sociale rappellent étrangement ceux de nos compagnons a quatre pattes. Les éthologues observent en lui une intelligence fine, une capacité d'adaptation remarquable, une mémoire des lieux et des hommes.

Et pourtant, nos sociétés traitent les deux canidés radicalement différemment. Un chien qui aboie sera éduqué. Un chien qui mord sera pris en charge, si possible compris. Un renard qui attrape une poule sera piégé. On ne cherche pas à aménager son environnement, à protéger les basses-cours, à comprendre son comportement. On détruit.

C’est exactement la logique des mesures préventives appliquées à certaines races de chiens. Interdire un pittbull ou un berger parce que son physique « pourrait » représenter un danger, c’est oublier que chaque individu a son histoire. La science comportementale contemporaine est claire : la dangerosité ne se résume pas à la race. Pourquoi cette science ne vaudrait-elle pas pour le renard ?

Mesures préventives : les alternatives qui marchent

D’autres pays ont choisi des méthodes plus respectueuses. L’installation de filets, le gardiennage, la protection des poulaillers et des cabris fonctionnent parfaitement, meme dans des régions a forte densité de renards. Les Suisses, par exemple, ont préféré la conservation a la destruction. La chevêche d’Athéna, qui avait presque disparu du territoire helvétique, est remontée à 161 territoires grâce à des projets de promotion ciblés. C’est un chiffre jamais atteint depuis des décennies.

Nous, propriétaires de chiens, pouvons agir concrètement au quotidien. Voici quelques pistes simples :

  • 🛡️ Protéger les poules avec un enclos solide, grillagé et enterré sur au moins 30 centimètres.
  • 🌙 Ne pas laisser de nourriture ou d’épluchures dans le jardin la nuit.
  • 🐾 Tenir son chien en laisse dans les zones naturelles, pour éviter les rencontres tendues.
  • 💬 Parler de ce sujet avec son vétérinaire, qui pourra donner des arguments scientifiques.
  • ✍️ Soutenir les associations de protection animale qui œuvrent pour la préservation des animaux sauvages.

Ces gestes, anodins en apparence, changent la donne. Chaque citoyen qui s’informe sur le rôle du renard participe à la biodiversité à son échelle.

Et si on changeait de regard ?

La science comportementale nous apprend à considérer chaque être vivant comme un acteur de son milieu. Le dérèglement climatique, la déforestation, l’urbanisation poussent déjà les animaux sauvages à migrer, à s’adapter, à chercher de nouveaux territoires. Les piéger systématiquement, c’est encore ajouter une violence inutile à une équation déjà tendue.

Des pétitions circulent pour demander la révision de l’arrêté ESOD. Des scientifiques réclament une étude par territoire, une gestion adaptée aux réalités locales. Aucune raison objective, aujourd’hui, ne justifie une destruction préventive. Le mot prévention cache souvent une habitude, une peur héritée du passé.

En aimant nos chiens, nous savons reconnaître l’intelligence, la sensibilité, l’attachement à un lieu. Et si nous faisions un pas de plus ? Aimer son chien, c’est accepter de regarder les autres êtres vivants comme des compagnons de route. C’est accepter l’altérité. Ce chemin, celui de la compréhension et du respect, est aussi celui qui mène à une véritable protection animale.

Pourquoi la France tue encore le renard

Est-ce que le renard est vraiment nuisible ?

Pas sur le plan écologique. Un couple adulte mange des milliers de campagnols chaque année, ce qui évite des dégâts dans les prairies et des produits toxiques. La classification repose surtout sur une peur préventive, pas sur des faits constatés.

Faut-il tuer les renards pour protéger les poules ?

Bien sûr que non. Un enclos grillagé et enterré sur 30 centimètres suffit à les protéger. Les Suisses l'ont bien compris, eux qui misent sur la conservation plutôt que la destruction.

Pourquoi compare-t-on le renard au chien ?

Les deux appartiennent à la même famille, les canidés. Le renard a une intelligence fine, une vie sociale riche et des expressions proches de celles du chien. Alors que l'un est éduqué, l'autre est piégé.

Quel rôle peut jouer chaque citoyen ?

On peut sécuriser son jardin, parler du sujet avec son vétérinaire et soutenir les associations de protection animale. Chaque geste compte pour changer la donne.

Un mot en commentaire, c'est ce qui nous fait continuer

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Prouvez que vous êtes humain : 1   +   10   =