Hagen, croisé malinois/ba x husky, agressif vis à vis des humains et des chiens : causes et solutions

HAGEN, HUSKY x MALINOIS/BA RÉACTIF HUMAINS + CHIENS : Causes et solutions

J’ai été contactée récemment par Manon qui a besoin d’aide pour son chien Hagen. Hagen est un magnifique chien, croisé husky x malinois/berger allemand de 4 an. Manon et les autres membre du foyer adorent Hagen pourtant la question de l’euthanasie a du être envisagée à plusieurs reprises.

Quand je suis arrivée sur place j’ai vu un chien curieux, un peu excité mais pas tant que ça, qui avait envie de s’approcher et ne semblait pas particulièrement inquiet. J’avais déjà eu un long échange téléphonique avec Manon donc je m’attendais à un chien nettement plus sur la défensive.

Sur les 4 personnes du foyer (que des adultes et grand ado) Hagen en a mordu ou pincé 3. Beau score ! Il a également mordu deux personnes extérieures au foyer, au visage et à la gorge. Les morsures ont commencé à ses 14 mois et la dernière a lieu il y a 6 mois.

Toutes les morsures, y compris celles sur les personnes extérieures à la famille, se sont passées dans la maison.

Toutes les agressions vis à vis des personnes du foyer se sont passées quand Hagen était couché.

Je ne crois pas en la notion de « territoire ». Évidemment il est certain que pour certains chiens l’agressivité est plus probable lorsqu’ils sont « chez eux » plutôt qu’à l’extérieur de chez eux, mais je ne pense pas que la notion de territoire, du moins telle qu’elle est pensée communément, soit la plus à même d’expliquer ce phénomène. (Je développerai ce point dans un prochain texte). En revanche je pense que certains chiens anxieux et/ou irritables – en général ce sont les mêmes, l’anxiété favorisant l’irritation – ont du mal à partager leur espace de repos avec autrui, particulièrement avec des gens avec qu’ils ne se sentent pas parfaitement en confiance.

Lorsque le chien est couché il est tout à la fois :

1. Plus vulnérable.

La position couchée ne lui permettant pas de surveiller son environnement, de fuir facilement, de se défendre facilement. (Même chez les humains la position couchée nous met dans une certaine vulnérabilité par rapport à la station debout).

2. Moins motivé pour avoir des contacts avec autrui.

Normal il est en train de se reposer, voir de dormir et il a donc envie de se reposer et non d’être dérangé ! (En tant qu’humains nous pouvons bien comprendre ça aussi).

Ainsi les chiens de tempérament très sensibles, anxieux, vont vite être stressés si on les dérange lorsqu’ils dorment. Que se soit en les enjambant pour passer par dessus, en les touchant pour une raison ou pour une autre, voir même en circulant dans la pièce autour d’eux.

Quand aux chiens irritables, que l’on peut définir comme des « anxieux grognons », ils vont vite être agacés et se mettre sur la défensive si on les sollicite alors qu’ils n’en ont pas envie car ils sont en train de se reposer.

Ces chiens sensibles et/ou irritables on encore plus besoin que les autres d’un endroit bien à eux pour dormir et se reposer. Une pièce calme dans laquelle il n’y a pas trop de circulation.

Ou bien une cage dans un coin de la pièce principale. Quand le chien y est bien habitué il perçoit la cage comme un espace sécurisé grâce auquel il peut dormir près des humains tout en étant se sentant serein car personne ne viendra l’y déranger. Même si la cage reste toujours ouverte elle permet de créer une limite nette, une frontière. Grâce à la cage personne ne va enjamber le chien, faire tomber quelque chose accidentellement dans son panier, aller lui faire des caresses ou pire lui demander de se pousser car il gêne le passage. Que des choses qui arrivent fréquemment lorsque le chien dort dans un panier, et encore plus lorsqu’il n’a pas d’espace bien à lui et qu’il se pose là où il peut/veut comme c’était le cas au début avec Hagen.

La première fois qu’Hagen a mordu un membre du foyer il était couché devant l’encablure d’une porte. La personne allait droit vers lui et voulait franchir cette porte. La personne n’a même pas eu le temps de demander à Hagen de se lever. Hagen a anticipé une expérience désagréable qui lui arrivait certainement de manière répétée et cette fois là il a mordu ; ce qui veut dire de son point de vue qu’il s’est défendu.

Bien sur tous les chiens ne mordent pas dans ce genre de circonstances et heureusement !

Il faut bien avoir en tête que l’expression d’un comportement (ici une morsure) est toujours la rencontre entre d’une part :

*le vécu du chien : les expériences qu’il a faites au cours de sa vie : éducation, socialisation, environnement dans lequel il a grandi etc.

*Son tempérament inné.

Il me semble n’y avoir aucun doute sur le fait qu’Hagen soit un chien au tempérament très compliqué.

C’est un chien anxieux et qui gère son stress par des comportements défensifs parfois intenses et brutaux. Il est ce qu’on appelle communément un chien « imprévisible ».

Cela ne veut pas dire que son comportement n’est pas cohérent et qu’il n’y a pas une suite logique dans ses actions. Cela veut dire qu’avec notre point de vue d’humain il nous est compliqué de prévoir et de comprendre son comportement.

Hagen fait partie de ces chiens qui « voient rouge » là où la plupart des autres se contentent d’émettre un grondement sourd, voir un soupir de lassitude avant de se recoucher tranquillement.

Les chiens très sensibles ont souvent un état émotionnel très instable. Parce que la moindre petite chose peut fortement les stresser ils peuvent vite passer d’un état apaisé à un état anxieux, et donc d’une attitude amicale à une attitude agressive.

De plus chez certains chiens très sensibles les signaux de stress peuvent être très discrets et très brefs avant une attaque, voir quasiment inexistants !

Pourquoi ?

Parce que le stress empêche justement le chien de gérer sa communication correctement. Un peu comme les humains qui bafouillent lorsqu’ils sont stressés ou qui se mettent à hurler au lieu de prendre le temps d’expliquer calmement ce qui les dérange.

Le chien anxieux n’a pas confiance dans sa capacité à bien communiquer ses limites. Il va donc tout de suite utiliser une technique intense pour faire cesser la situation stressante au lieu de commencer par exprimer graduellement de l’inconfort par des signaux d’apaisement ou de menaces.

J’ai le cas en ce moment à la maison avec Rosie. Rosie, qui est une petite chienne HYPER ANXIEUSE, est très stressée quand les chats approchent leur visage du sien. Mais comme elle est très stressée dans cette situation elle ne prend pas le temps de grogner et cherche immédiatement à les pincer. Elle est vraiment très mal à l’aise dans cette situation et n’est pas assez apaisé pour gérer ça autrement.

Cette incapacité a communiquer de manière graduelle est donc liée de fait au tempérament très anxieux de certains chiens (dimension innée du comportement).

Cela peut aussi être acquis et aggravé suite à des erreurs humaines.

Si le chiot a souvent envoyé des signaux de stress (sous forme de signaux d’apaisement ou de menaces) et que ces signaux n’ont pas été pris en compte par les humains qui ont continué à mettre le chien dans une situation inconfortable (en le caressant quand il essaie de dormi par exemple), le chiot, puis le jeune chien, va renoncer à exprimer ces signaux et va passer immédiatement à une phase d’attaque.

Pour résumer on peut présenter les choses ainsi, si on se met dans la tête d’un tel chien :

« la morsure c’est la seule chose que les humains comprennent ! ».

Il serait erroné et bien injuste de prétendre que Hagen est devenu agressif parce qu’il a été mal éduqué ou mal socialisé.

Bien sur les morsures auraient pu être évitées avec une meilleures gestion du chien. Quelques idées en vrac :

*Lui avoir donné un espace de repos bien à lui et ce dès le début.

*Le désensibiliser petit à petit sur ce qui le stress pour relever son seuil de réactivité (le moment à partir duquel il va émettre une réaction agressive).

*Mieux cerner ses signaux de stress qui n’ont certainement pas manqué de s’exprimer mais qui sont passés inaperçus ; d’où l’impression qu’a pu avoir Manon et sa famille que Hagen « attaquait sans raison » ou « sans prévenir ».

Mais toutes ces choses sont loin de relever du bon sens. S’occuper parfaitement d’un chien comme Hagen nécessite d’avoir des compétences spécifiques que très peu de gens ont avant d’adopter un chiot, et d’ailleurs que très peu de gens acquièrent même après avoir eu parfois des dizaines de chiens !

Il m’est impossible de comprendre exactement tout le déroulement des faits qui a conduit à cette situation : un chien qui a mordu gravement plusieurs personnes. D’abord parce que je n’étais pas sur place pour observer moi même les choses. Ensuite parce que Hagen a été adopté il y a plus de 4 ans et Manon et sa famille ne se rappelle pas de tout avec précisions. Enfin leurs observations manquent parfois de précisions et de pertinences, normal puisque ce n’est pas leur métier ! Je dois donc essayer de comprendre le comportement passé d’Hagen avec des informations très imparfaites. Les informations que j’ai me permettent de faire l’hypothèse que les maladresses humaines qui ont été commises n’auraient pas conduit vers ces mêmes comportements agressifs la très grande majorité des chiens.

Mon hypothèse est donc qu’Hagen a un tempérament inné vraiment difficile, qui explique en grande partie son agressivité. De ce que je connais d’Hagen je peux dire qu’il a deux traits de tempéraments qui ne font jamais bon ménage :

*Très sensible. Ce qui peut le rendre très facilement inquiet, irritable et ne l’aide pas à communiquer calmement.

*Hargneux, agressif. Lorsqu’il se sent menacé (et étant sensible il lui faut pas grand-chose pour se sentir menacé) il a facilement recours à l’agression, quand d’autres chiens vont préférer fuir ou adopter des attitudes conciliantes.

Là je vous parle de son tempérament inné et non d’un problème d’éducation !

Comme dit plus haut l’expression d’un tempérament c’est toujours la rencontre entre de l’acquis et de l’innée. Même si c’est pas très à la mode de dire ça en ce moment je tiens à insister là dessus : le tempérament inné existe et influence énormément les comportements quotidiens des chiens.

Il y a souvent deux interprétations communes pour expliquer le comportement d’un chien, notamment d’un chien agressif :

1. Tout est inné. Ce qui peut se résumer par des phrases telles que « ces chiens là sont dangereux » ou « ce chien est méchant ».

2. Tout est acquis. Qui se résument par des phrases telles que « on a le chien qu’on mérite ». « Y a pas de mauvais chiens y a que des mauvais maîtres », « tel maître tel chien ».

S’il fut un temps où c’était la première interprétation qui dominait (tout est inné).

C’est largement la deuxième maintenant qui prévaut.

Selon moi elle est tout aussi fausse que la première et elle a plusieurs conséquences plus ou moins graves.

Je vais citer les deux principales :

1. Elle culpabilise inutilement les gens qui ont des problèmes avec leur chien, sur le mode : « s’il est agressif c’est de ma faute ! ».

2. A cause de cette idée beaucoup de gens ne réfléchissent pas assez avant de choisir un chiot et sont persuadés que « si je l’ éduque bien il ne pourra pas être agressif », même lorsque le choix du chiot se porte sur une race de chiens réputée (à juste titre ou non) agressive.

J’ai beau être éducatrice canine et donc valoriser l’importance du vécu du chien : le choisir dans un élevage où il est bien socialisé, l’éduquer et le socialiser correctement, lui éviter tout traumatisme, etc.  je pense qu’il serait indispensable pour éviter bien des déboires, accidents, et chiens malheureux, de remettre nettement plus en évidence la dimension innée des tempéraments, dans nos manières de penser les chiens et leurs comportements.

Hagen est le fruit d’un type de croisement qui ne devrait PAS exister selon moi.

Rappelons que Hagen a un parent husky et un parent malinois/berger allemand.

Les malinois et berger allemand sont des chiens très anxieux et très réactifs. Or réactifs c’est une manière « polie » de dire agressifs….

Attention je ne suis pas en train de dire que les malinois et autres bergers de garde sont toujours agressifs.

N’importe quel chien est amical et doux lorsqu’il se sent en confiance.

Le problème des chiens de ce type de races c’est leur gestion du stress.

Ce sont des chiens qui d’une part sont stressés facilement, et d’autre part utilisent facilement l’agressivité pour gérer les situations stressantes (quand d’autres chiens au tempérament plus doux vont plutôt fuir ou chercher une issue conciliante au conflit).

« J’attaque d’abord, je réfléchis après ! » pourrait être la devise de pas mal de malinois et autres bergers de garde.

(Attention je dis bien « pas mal de malinois » et non «tous » ! Évidemment chaque chien est unique et a son propre tempérament qui est plus ou moins proche du tempérament des autres individus de sa race.)

Or ce type de tempérament pose souvent de gros problème, du moins lorsqu’on veut faire de ces chiens des animaux de compagnie…

L’autre parent d’Hagen est un husky.

Les huskys sont réputés sociables et Manon a donc pensé que le husky atténuerait le côté malinois/ba.

Elle a été victime de deux erreures d’analyses que l’on fait souvent lorsque l’on cherche à prédire le tempérament d’un chiot croisé.

Première erreur :

L’on pense que son tempérament sera le mélange parfait des deux races.

Le tempérament d’une race diluant à 50 % le tempérament de l’autre.

Deuxième erreur :

On s’imagine souvent que notre chiot croisé aura le « meilleur des deux races ».

Ainsi certaines personnes pensent qu’un croisé malinois / husky va devenir un chien très sociable comme le sont souvent les husky et très obéissant comme le sont souvent les malinois. Le chien parfait quoi:)

Mais en un chiot croisé a pu prendre n’importe quelle part de n’importe quelles caractéristiques des deux races. Il n’y a pas d’autres règles que celle du hasard !

Voilà pourquoi je déconseille très fortement l’adoption de croisements entre des races difficiles ayant des tempérament contraires. Cela peut donner un super chien…ou pas ! (Si ce sont des races difficiles mais ayant des tempéraments similaires cela ne donnera certainement pas un chien facile, mais au moins vous serez à quoi vous attendre!)

Je ne voudrais pas être mal interprétée : je ne dis surtout pas que les chiens issus de croisements sont plus dangereux que les chiens de race (très loin de moi cette idée). Mais en revanche ce n’est pas parce que votre chiot est un croisé  qu’il deviendra un chien facile et sympa.

Ici pour le cas d’Hagen c’est surtout le côté malinois/ba qui s’est révélé poser le plus de problème (tempérament anxieux et défensif).

D’ailleurs de nombreux malinois pure race pose des problèmes similaires…

(Si je me peux me permettre de donner un conseil à des personnes qui me liraient et qui seraient sur le point d’adopter un chien : réfléchissez à deux fois – minimum ! – avant d’adopter un malinois. Mais réfléchissez tout autant avant d’adopter un croisé malinois).

Les malinois, les croisé malinois, les croisés malinois / husky et autres races difficiles et croisements entre races difficiles, ne devraient jamais être adoptés dans un foyer « lambda ».

Pour être vraiment épanouis et pour ne pas représenter de danger pour autrui ces chiens ont besoin de conditions bien spécifiques. Il leur faut des personnes ayant énormément de temps et d’attention à leur accorder pour des sorties quotidiennes et variées. Mais aussi des personnes capables de se former afin de devenir « expertes » en analyse du comportement canin et application de méthodes éducatives appropriées.

En fait peu de gens sont capables de gérer correctement ces chiens qui sont pourtant très à la mode…

Pire, comment attendre de telles compétences de la part de particuliers alors que tant de professionnels sont eux-mêmes incompétents pour comprendre et gérer ce type de chiens ?

Hagen a eu droit à quelques séances en club canin, mais à 8 mois en pleine « crise d’adolescence » Hagen avait besoin d’apprendre à communiquer avec ses congénères sereinement, à gérer son excitation et à prendre du plaisir à apprendre auprès des humains… Pas de marcher en laisse courte avec un collier étrangleur et de faire des exercices rébarbatifs pendant une heure dans un espace clos.

Manon et sa famille avaient besoin qu’on les aide à mieux comprendre et gérer ce chien difficile mais pas qu’on les culpabilise en leur disant que leur chien est ingérable et va devenir dangereux.

En prime Hagen s’est fait brutaliser par un éduc visiblement frustré et agacé de constater que la méthode alternant « coup de sonnettes » et « friandises » (la bonne vielle méthode de la carotte et du bâton version club canin…) ne fonctionnait pas sur lui. Rien de mieux pour rendre un tel chien un peu plus anxieux donc gressif…

Quelques mois plus tard Hagen a fait quelques séances avec une comportementaliste à l’approche « hierarchisante ». Selon elle le chien avait « pris le pouvoir » et il fallait « le lui reprendre ».

Voici le témoignage de Manon à ce sujet 

« À ses 1 an et 4 mois, il a commis l’irréparable. Lors d’une soirée, il a mordu un ami de la famille au visage. La peur au ventre, nous avons demandé conseil à notre vétérinaire. Verdict : castration et comportementaliste. Nous avons fait les 2. La castration n’a strictement rien changé. Nous avons pris rendez-vous avec une comportementaliste qui nous a expliqué que la castration était inutile car la montée d’hormones avait déjà été faite. Nous avons fait plusieurs séances ensemble. L’ensemble de la famille avait parfois du mal à suivre les différents conseils prodigués. Le maître mot était qu’il fallait reprendre le dessus sur Hagen, qui cherchait à « imposer ses règles » à l’ensemble de la famille et des visiteurs, à cause de sa grande confiance en lui, et son fichu caractère de cochon:) ».

Manon et sa famille doivent faire face à un autre problème concernant Hagen : il ne supporte pas de croiser un congénère.

Comme les sorties avec Hagen sont rapidement devenues compliquées et que le club canin ne leur a été d’aucun secours, Manon et sa famille ont vite renoncé à le sortir en balade régulièrement. D’autant plus que Manon étant étudiante à ce moment là, elle était rarement présente à la maison.

Conséquence : lorsqu’il était chiot et jeune chien Hagen n’a jamais pu être détaché et faire des rencontres de qualité avec d’autres congénères.

Si l’on rajoute à ça son « tempérament inné » pas franchement simple (anxieux, excité, gérant mal la frustration, agressif) les quelques croisements qu’il faisait – en laisse courte, dans de mauvaises conditions – l’ont très logiquement rendus très réactif vis-à-vis des autres chiens.

Que peut-on faire maintenant pour aider Manon et Hagen ?

Concernant l’agressivité sur les personnes humaines d’abord :

Avec le temps Manon et sa famille ont bien compris l’attitude à avoir lorsque des personnes rentrent dans la maison : demander aux personnes d’ignorer complètement le chien. Et par sécurité Hagen est désormais toujours muselé en présence de personnes extérieures au foyer (y compris pour le moment en ma présence).

Parallèlement à ça j’ai suggéré que soit crée un espace « privatif » pour Hagen. Pour le moment celui-ci vit en permanence dans le salon et le jardin. Il n’y a aucun moyen de l’isoler lorsque des personnes extérieures au foyer viennent.

J’ai vécu moi même pendant 3 ans avec une chienne très réactive et donc je sais trop bien que pour le bien-être mentale de tous – du chien comme des humains qui le gèrent au quotidien – il est impératif dans ces cas là d’avoir un tel espace sécurisé.

Il ne s’agit pas d’y enfermer le chien en permanence évidemment ! Mais d’avoir la possibilité de le faire lorsqu’on estime que la situation est trop risquée, trop dure à gérer pour lui ou pour nous, et aussi – point non négligeable – lorsque l’on a besoin de faire une pause et de décompresser !

Sans cela c’est l’accident et/ou le burn out assuré !

Le contact avec les personnes du foyer semble bien apaisé désormais.

C’est donc surtout la réactivité vis à vis des autres chiens que l’on va travailler.

Manon utilisait déjà un harnais anti-traction animalin et une longe. Je lui ai proposé d’acheter une longe un peu plus longue ainsi qu’un clicker.

Un bon harnais.

Une longe.

Un clicker.

Une utilisation appropriée de ces outils : « la technique ».

Puis : beaucoup de patience, de bienveillance, de rigueur et de travail.

Sont les ingrédients nécessaires et indispensables pour rendre un chien moins réactif lors des croisements avec les congénères (ou tout autre stimuli qui le fait réagir).

Pour le moment quand Hagen croise des chiens il se met très vite à voir rouge. Il est inquiet de croiser un congénère, perçu comme un danger, et il est frustré  et en colère d’être attaché dans une situation pareil, puisque être attaché ne lui permet pas de gérer cette situation de crise comme il l’entendrait.

Dès les deux premières séances Hagen s’est très bien comporté et a pu côtoyer un chien – même deux à un moment – d’assez prêt, dans le mouvement, puis en statique (souvent plus dure en statique). Voir les photos.

NOS OBJECTIFS POUR LA SUITE

Notre premier objectif : qu’Hagen et Manon apprennent à faire des croisements avec des chiens inconnus en longe dans le calme et la sécurité.

Notre second objectif (quand le premier sera atteint) : lui apprendre à côtoyer amicalement des chiens en l’aidant à se faire un ou deux amis.

Si ce second objectif est atteint et que Manon est motivée pour poursuivre le travail nous viserons un troisième et dernier objectif :

Rendre Hagen parfaitement sociable avec le plus grand nombre de congénères !

Quel dommage que ce travail n’ait pas été entamé plus tôt quand Hagen avait encore la curiosité et l’envie de jouer qu’à tout jeune chien !

Mais ce qui me rend plutôt optimiste c’est l’attitude qu’a Hagen lorsqu’on lui permet d’être en contact (visuel) avec des chiens dans de bonnes conditions : s’il peut se montrer inquiet et donc légèrement agressif, il semble tout autant curieux et désireux d’un rapprochement amical.

Aussi la grande chance d’Hagen est d’avoir été accueilli chez des personnes patientes et bienveillantes et d’avoir Manon prête à s’investir à fond, qui est hyper motivée et appliquée dans le travail que nous venons de commencer.

Je la remercie de me faire confiance et de persévérer avec Hagen et je lui laisse le mot de la fin :

« C’est au cours d’une balade, que j’ai croisé un monsieur, qui, voyant Hagen muselé m’a parlé de Chien Noir Chien Blanc, et de l’éducation positive, que je connaissais déjà de réputation. Je me suis donc renseignée auprès de Marika, sur sa méthode alternative. Et j’ai désormais l’espoir, un ultime espoir, de réussir à comprendre mon chien, et à savoir ce qu’il passe réellement dans sa tête. »

La suite au prochain épisode….

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